Le
coucher du soleil
Gérard de Nerval (1808-1855)
(Recueil : Odelettes)
Quand le Soleil du soir parcourt les Tuileries
Et jette l'incendie aux vitres du château,
Je suis la Grande Allée et ses deux pièces d'eau
Tout plongé dans mes rêveries !
Et de là, mes amis, c'est un coup d'œil fort beau
De voir, lorsqu'à l'entour la nuit répand son voile,
Le coucher du soleil, - riche et mouvant tableau,
Encadré dans l'arc de l'Etoile !
Avril
Gérard de Nerval
(1808-1855)
(Recueil : Odelettes)
Déjà les beaux jours, - la poussière,
Un ciel d'azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ;
- Et rien de vert : - à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !
Ce beau temps me pèse et m'ennuie.
- Ce n'est qu'après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l'eau.

Les
papillons
Gérard de Nerval
De toutes les belles choses
Qui nous manquent en hiver,
Qu'aimez-vous mieux ? – Moi, les roses ;
– Moi, l'aspect d'un beau pré vert ;
– Moi, la moisson blondissante,
Chevelure des sillons ;
– Moi, le rossignol qui chante ;
– Et moi, les beaux papillons !
Le papillon, fleur sans tige,
Qui voltige,
Que l'on cueille en un réseau ;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l'oiseau !...
Quand revient l'été superbe,
Je m'en vais au bois tout seul :
Je m'étends dans la grande herbe,
Perdu dans ce vert linceul.
Sur ma tête renversée,
Là, chacun d'eux à son tour,
Passe comme une pensée
De poésie ou d'amour !

Le
relais
Gérard de Nerval
En voyage, on s'arrête, on descend de voiture ;
Puis entre deux maisons on passe à l'aventure,
Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,
L'oeil fatigué de voir et le corps engourdi.
Et voici tout à coup, silencieuse et verte,
Une vallée humide et de lilas couverte,
Un ruisseau qui murmure entre les peupliers,
- Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !
On se couche dans l'herbe et l'on s'écoute vivre,
De l'odeur du foin vert à loisir on s'enivre,
Et sans penser à rien on regarde les cieux...
Hélas ! une voix crie : "En voiture, messieurs !"
La
cousine
Gérard de Nerval
L'hiver a ses plaisirs; et souvent, le dimanche,
Quand un peu de soleil jaunit la terre blanche,
Avec une cousine on sort se promener...
- Et ne vous faites pas attendre pour dîner,
Dit la mère.Et quand on a bien, aux Tuileries,
Vu sous les arbres noirs les toilettes fleuries,
La jeune fille a froid... et vous fait observer
Que le brouillard du soir commence à se lever.
Et l'on revient, parlant du beau jour qu'on regrette,
Qui s'est passé si vite... et de flamme discrète :
Et l'on sent en rentrant, avec grand appétit,
Du bas de l'escalier, - le dindon qui rôtit.
Fantaisie
Gérard de Nerval
Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber*
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets
Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit...
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs;
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... et dont je me souviens !
Le
réveil en voiture
Gérard de Nerval
Voici ce que je vis : Les arbres sur ma route
Fuyaient mêlés, ainsi qu'une armée en déroute;
Et sous moi, comme ému par les vents soulevés,
Le sol roulait des flots de glèbe et de pavés !
Des clochers conduisaient parmi les plaines vertes
Leurs hameaux aux maisons de plâtre, recouvertes
En tuiles, qui trottaient ainsi que des troupeaux
De moutons blancs, marqués en rouge sur le dos !
Et les monts enivrés chancelaient, - la rivière
Comme un serpent boa, sur la vallée entière
Etendu, s'élançait pour les entortiller...
- J'étais en poste, moi, venant de m'éveiller !
Dans les bois
Gérard de Nerval
Au printemps l'Oiseau naît et chante :
N'avez - vous pas ouï sa voix ? …
Elle est pure, simple et touchante,
La voix de l'Oiseau __dans les bois !
L'été, l'Oiseau cherche l'Oiselle
Il aime __ et n'aime qu'une fois !
Qu'il est doux, paisible et fidèle,
Le nid de l'Oiseau __ dans les bois
Puis quand vient l'automne brumeuse
Il se tait … avant les temps froids,
Hélas ! qu'elle doit être heureuse
La mort de l'Oiseau dans les bois.

Baudelaire
- Cadou
- Carême
- Charpentreau
-P. Fort -
Hugo -
La Fontaine -
Eluard
- Lebesgue
- T}Às ˆzÕö«,6,Ú'Œ§MÏ:k|ÃZ°ær²ë&
LJk¤à[`›ÖŠ}u+²ã%CN';õî£AlòðfCj¹ò‹¡ÝàH*Ž91pÀšo«†øÌþMšJÛx÷´‘»¡&ü?ÁëÿT"ÿH¦ÿ rå †oÒ@(«i’.sƒƒ~‰XØ};Ÿyàˆa0Ë4AÉn%+éX^Oµ¬'ʯ^½*¼Šé©>æ|”‚)è1Ð…{‹áç0ï‘wt» Å?âÿQo—D÷þÿ‹J†1˜–¶¢bYZ¡XifŠÙb
’Ú¢†Vd”wX Ö ¢Mt£¶¯ØnÝf‹¶(¨©å]m–•Ð:•˜¦¸ÎÞŸïãñû‡™'×Ìf8ç:ç5skr0¥öÍU;UÊü
ÚkŒÞ¾ÜÂçðS¹|`ëúBç †öTÕç/~Fè̇ZpFº‰(Hè´Á=ü”Ù…ççà ~ŠlZç¡Þú †›^Ž0ô-ººKýy¿÷ECÍïØ¥¥iYÏ^ôz7íÜôR¸ÏMî@ŽGèÝ~,ݧ
9º÷ö4Eéö